Le support de Windows 10 s'est officiellement arrêté le 14 octobre 2025. Beaucoup de bureaux ne s'en sont pas aperçus, et pour cause : rien n'a changé à l'écran, les machines ont continué à fonctionner normalement.
Ce qui s'est passé ensuite, c'est que Microsoft a accordé une année de sursis. Elle se termine le 14 octobre 2026. Dans neuf semaines.
Où on en est exactement
Trois dates suffisent à comprendre la situation.
14 octobre 2025 — fin du support standard. Plus de nouveautés, plus de correctifs fonctionnels.
14 octobre 2026 — fin de la rallonge gratuite. C'est la date qui compte pour vous.
Octobre 2028 — fin définitive, même pour ceux qui paient. Aucune prolongation n'est prévue au-delà.
Concrètement, un poste sous Windows 10 le 15 octobre prochain continuera à démarrer, à ouvrir vos fichiers et à imprimer. Simplement, chaque faille découverte ensuite restera ouverte définitivement.
Comment savoir si vous êtes concerné
Sur chaque poste, appuyez simultanément sur la touche Windows et la touche R, tapez winver, puis validez. Une petite fenêtre s'ouvre et indique la version en clair.
Si elle affiche Windows 11, vous n'avez rien à faire pour cette machine. Si elle affiche Windows 10, notez le nom du poste et passez au suivant.
La deuxième question est de savoir si la machine peut passer à Windows 11. La contrainte principale s'appelle TPM 2.0, un composant de sécurité présent sur la plupart des ordinateurs vendus à partir de 2018. En pratique : un poste acheté avant 2018 est presque toujours incompatible, un poste acheté après 2019 l'est presque toujours. Entre les deux, il faut vérifier.
Les trois options, sans détour
Passer à Windows 11. Gratuit, si la machine est compatible. Comptez une heure par poste, plus le temps de retrouver ses marques : le menu Démarrer a changé de place et quelques réglages ont bougé. C'est la solution à privilégier partout où elle est possible.
Remplacer la machine. Si elle n'est pas compatible, c'est qu'elle a sept ans ou plus. À cet âge, le disque et la batterie arrivent de toute façon en fin de vie, et le coût d'un poste neuf se compare favorablement à trois années de prolongation payée. Les critères qui comptent vraiment sont détaillés dans choisir un ordinateur pour un petit bureau.
Payer la prolongation. Microsoft la facture aux entreprises environ 61 dollars par poste pour la première année, le double la deuxième, le double encore la troisième. Sur les trois années, cela représente plus de 400 dollars pour un ordinateur qui en aura alors neuf ou dix.
Deux détails rendent cette dernière option encore moins intéressante. Les années sont cumulatives : on ne peut pas rejoindre le programme en deuxième année sans payer la première rétroactivement. Et la prolongation ne couvre que les correctifs de sécurité jugés critiques : ni nouveautés, ni corrections de bogues, ni assistance technique.
La prolongation payée garde du sens dans un cas précis : le poste qui pilote une machine ou fait tourner un logiciel métier certifié uniquement sur Windows 10. Là, une année ciblée, avec ce poste isolé du reste du réseau, se défend comme mesure transitoire. C'est l'exception, pas la stratégie.
Ce qu'il ne faut pas faire
Forcer l'installation de Windows 11 sur une machine incompatible. Des méthodes circulent pour contourner la vérification du TPM. Elles fonctionnent, jusqu'au jour où Microsoft bloque les mises à jour sur ces installations — ce qui vous ramène exactement au problème que vous vouliez éviter, avec un système en plus dont personne ne garantit la stabilité.
Attendre le mois d'octobre. Un passage à Windows 11 se prépare : vérifier que le logiciel métier suit, que l'imprimante a un pilote, que la sauvegarde est à jour avant de lancer l'opération. Fait en septembre, c'est une soirée. Fait dans l'urgence en octobre, c'est un bureau à l'arrêt.
Croire que « ça marche encore » suffit. Un système sans correctifs continue de fonctionner parfaitement pendant des mois. Le problème n'apparaît qu'une fois, et il apparaît brutalement.
Le calendrier raisonnable
Cette semaine : faites le tour des postes avec la commande winver et notez ce qui tourne sous Windows 10. Dix minutes pour un bureau de cinq personnes.
D'ici fin août : pour chaque poste concerné, déterminez s'il est compatible avec Windows 11 et vérifiez que vos logiciels métier le sont aussi. C'est ce dernier point qui réserve les mauvaises surprises, pas le matériel.
En septembre : mettez à jour les machines compatibles, une par une, en commençant par la moins critique. Commandez les remplacements pour les autres ; les délais de livraison s'allongent toujours à l'approche d'une échéance de ce type.
Avant le 14 octobre : terminez. Et vérifiez que la sauvegarde a bien tourné sur chaque poste migré, ce qui reste la seule précaution qui compte vraiment — le sujet est traité dans votre sauvegarde fonctionne-t-elle vraiment.
Ce que ça change pour un petit bureau
Cette échéance n'a rien d'exceptionnel : elle revient tous les huit ou dix ans, et elle reviendra. Ce qui la rend délicate, c'est qu'elle ne produit aucun symptôme. Aucune alerte, aucun ralentissement, rien qui pousse à agir. Les bureaux qui la traitent sont ceux où quelqu'un tient un inventaire à jour et regarde les dates.
C'est précisément ce que repère le contrôle mensuel de chaque poste : les systèmes qui approchent de leur fin de vie, longtemps avant qu'ils ne deviennent un problème.